Sculpter avec la couleur : l’art du verre de Pékin
Heure de publication :
Apr 02,2026
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Bien que les motifs multicolores, composés d’au moins deux teintes, aient connu un vif succès tout au long de la dernière période de la dynastie Qing (1644-1911), les artisans ont également réalisé des objets en verre de Pékin dans une seule couleur, aux effets particulièrement marquants. Qu’ils soient sculptés en relief ou laissés sans décoration, ces pièces de verre opacifié étaient prisées pour la saturation de leur couleur et pour leur sobriété raffinée, mettant l’accent sur la silhouette du récipient, dans la longue tradition de la porcelaine chinoise monochrome.
Bien que la fabrication du verre en Chine soit pratiquée depuis des siècles, elle connut un essor particulier sous la dynastie Qing avec l’apparition du verre de Pékin. À l’origine destiné à la confection de bouteilles à tabac, cadeau impérial très prisé, le verre de Pékin trouve ses racines à l’époque de l’empereur Kangxi (1662-1722), lorsque celui-ci fit établir pour la première fois un atelier de verrerie au palais impérial de Pékin.
En s’inspirant des techniques italiennes du verre, les artisans verriers mirent au point un type de verre particulièrement épais et opaque, matériau idéal pour la réalisation d’objets en verre finement ciselés, qui imitaient la translucidité du jade, des pierres semi-précieuses et des joyaux rares. Au milieu du XVIIIe siècle, sous le règne de l’empereur Qianlong, cette forme d’art complexe s’était déjà diffusée au-delà des ateliers impériaux, et la Chine entrait dans l’âge d’or du verre de Pékin.
À l’instar du procédé de fabrication du verre camée, des vases sculpturaux, des bols et des bouteilles à tabac étaient obtenus en plongeant une forme de verre soufflé dans du verre fondu, afin d’obtenir des effets de profondeur et des couches multicolores. La couche la plus externe était ensuite taillée pour révéler les strates internes, donnant naissance à un motif en relief sur fond, aux couleurs très contrastées.
Grâce à l’expérimentation, les artistes ont pu obtenir une vaste palette de couleurs éclatantes, en recourant à bon nombre des mêmes pigments que l’on trouve dans les glaçures céramiques, tels que l’or colloïdal pour des nuances de rouge, de rose et de violet, le cadmium pour les jaunes et l’orange, ainsi que le cobalt pour les bleus profonds.
Parmi les innombrables combinaisons, plusieurs profils de couleur classiques se distinguent. L’un des plus répandus est un motif bicolore, où des teintes de pierres précieuses translucides s’opposent à un fond blanc opaque, connu sous les appellations « vert découpé sur blanc » ou « rouge découpé sur transparent », et ainsi de suite.
Les motifs multicolores abondaient également, à l’image de figures et de breloques sculptées dans du verre fondu ou de formes taillées à travers plusieurs couches de verre coloré, évoquant la porcelaine à cinq couleurs (wucai 五彩), aux émaux sous‑glacis bleus et aux émaux sur‑glacis rouges, verts et jaunes. Sans doute les plus prisées de toutes étaient les pièces réalisées en un seul ton d’un jaune éclatant et opaque, qualifié de « jaune impérial » en référence au drapeau jaune doré de la dynastie Qing. Cette teinte riche et brillante est également désignée par les collectionneurs sous les appellations « jaune canari », « jaune jaune d’œuf » et « jaune graisse de poulet ».
Bien que les motifs multicolores, composés d’au moins deux teintes, aient connu un vif succès tout au long de la dernière période de la dynastie Qing (1644-1911), les artisans ont également réalisé des objets en verre de Pékin dans une seule couleur, aux effets particulièrement marquants. Qu’ils soient sculptés en relief ou laissés sans décoration, ces pièces de verre opacifié étaient prisées pour la saturation de leur couleur et pour leur sobriété raffinée, mettant l’accent sur la silhouette du récipient, dans la longue tradition de la porcelaine chinoise monochrome.
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