Focus sur la collection : Yeux de cheval sortis du four

Ces récipients populaires étaient cuits dans des fours ruraux et appartenaient à une catégorie de céramiques chinoises appelée « min yao », ou « vaisselle du peuple ». Contrairement aux céramiques d’élite, perfectionnées dans les fours impériaux, la poterie min yao était destinée à tous ; elle était souvent façonnée à partir de matériaux moins raffinés et réalisée sans souci d’une précision rigoureuse.


Cette année lunaire, nous accueillons l’Année du Cheval de Feu, septième animal du cycle lunaire de douze ans, une créature puissante associée à la force, à la paix et à des bénédictions imminentes.

Les chevaux sont célébrés dans l’art chinois sous diverses formes : on les voit en fidèles montures sur des rouleaux peints et des paravents, ou encore en êtres célestes dans les figurines de míngqì et les représentations du zodiaque. Leurs crins de queue servent à confectionner les poils des pinceaux d’encre de calligraphie, et leurs sabots sont sculptés pour orner les pieds des tables et des tabourets en bois.

Mais cette année, notre manière préférée de célébrer le cheval se traduit par une rare collection de poteries de la dynastie Ming (1368-1644), ornées d’un motif tourbillonnant appelé « œil de cheval » en spirale. Appliqués à la brosse, dans des teintes douces et atténuées, ces yeux de cheval prennent une nuance brun foncé sous la chaleur intense du four — faisant de ces pièces un hommage particulièrement approprié à l’Année du Cheval de Feu.


Une rare collection de céramiques chinoises anciennes ornées du motif « œil de cheval ».
Un tourbillon abstrait de lignes étroitement enroulées, le motif de l’œil de cheval est peint d’un seul trait, libre et fluide, tracé à l’aide de pigments de fer rouge-brun posés sur une couverte blanche crème. Aplatis en forme d’ovale, ces spirales évoquent la forme amande de l’œil d’un cheval ; toutefois, d’autres interprétations les rapprochent de nuages d’orage ou de coquilles de palourdes. Sur certaines pièces de notre collection, l’ajout de quelques touches de pinceau judicieusement placées transforme les spirales en fleurs naissantes, tandis que d’autres les remplissent comme des ondulations sur la surface d’un bassin.

Le motif de l’œil de cheval est surtout associé aux objets de cuisine de la région japonaise de Seto, en particulier aux plats de service appelés Seto ishizara (assiettes en pierre). Destinées à présenter des mets composés de poissons ou de légumes mijotés, ces assiettes étaient souvent ornées d’une bordure extérieure constituée de larges spirales en forme d’œil de cheval, désignées en japonais sous le nom d’« umanome ».


Une plaque japonaise à motif d’œil de cheval, datant de la fin de la période Meiji. Photo : Portland Art Museum

Notre collection de poterie à œil de cheval se compose d’objets de cuisine du XVIe siècle provenant de la province chinoise du Yunnan. Si ces récipients constituent aujourd’hui d’extraordinaires œuvres d’art, ils étaient à l’origine de modestes objets d’usage quotidien, tels que des jarres à vin, des bols à riz, des bouteilles à condiments et des pots de garde-manger destinés au stockage des aliments.

Ces récipients populaires étaient cuits dans des fours ruraux et appartenaient à une catégorie de céramiques chinoises dite « min yao », ou « vaisselle du peuple ». À la différence des céramiques de haute qualité, perfectionnées dans les fours impériaux, la poterie min yao était destinée à tous ; elle était souvent façonnée à partir de matériaux moins raffinés et réalisée sans souci d’une précision rigoureuse.


La poterie Ming apporte de la texture à un intérieur signé Lozano Jolas.
Un rappel pour chérir la créativité et accepter l’imperfection.

Actualités connexes


NOITATIVNI : TAL LAI CHINE 2026, NOUVELLES COLLECTIONS

La 31e Foire internationale du meuble de Chine, Centre d’exposition international de Shanghai


Sculpter avec la couleur : l’art du verre de Pékin

Bien que les motifs multicolores, composés d’au moins deux teintes, aient connu un vif succès tout au long de la dernière période de la dynastie Qing (1644-1911), les artisans ont également réalisé des objets en verre de Pékin dans une seule couleur, aux effets particulièrement marquants. Qu’ils soient sculptés en relief ou laissés sans décoration, ces pièces de verre opacifié étaient prisées pour la saturation de leur couleur et pour leur sobriété raffinée, mettant l’accent sur la silhouette du récipient, dans la longue tradition de la porcelaine chinoise monochrome.


Focus sur la collection : Yeux de cheval sortis du four

Ces récipients populaires étaient cuits dans des fours ruraux et appartenaient à une catégorie de céramiques chinoises appelée « min yao », ou « vaisselle du peuple ». Contrairement aux céramiques d’élite, perfectionnées dans les fours impériaux, la poterie min yao était destinée à tous ; elle était souvent façonnée à partir de matériaux moins raffinés et réalisée sans souci d’une précision rigoureuse.


Focus sur la collection : La poterie au service de l’âme

Sculptés d’une signification profonde il y a plus de six siècles, ces rares récipients d’offrande invitent à des instants de recueillement. À la texture terreuse et à la forme captivante, chaque jarre constitue une occasion unique de plonger dans le passé — et de se tourner vers l’intérieur pour méditer.